Assemblée Bruxelles du 9 février 2004

 

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Jean LEGEIN paroisse du Saint-curé d'Ars à Forest-groupe démocratie dans l'église.

Je trouve un peu prématuré, un peu rapide de dire que dans quelques mois, nous aurons un nouveau pape.

L'idée étant, à celui qui sera pape, un jour et qui sera responsable de l'Église oecuménique.1) Je lui dirais qu'il réfléchisse et qu'il demande à l'Institution de faire son examen de conscience quand à son rôle prioritaire Est -ce d'apporter la bonne nouvelle des évangiles à tous

ou de gouverner des milliers de chrétiens à travers l'opinion, à travers le monde ?.Ce gouvernement de millions de chrétiens ne devant servir qu'à l'annonce de la bonne nouvelle des évangiles. 2)Qu'il prenne le vatican II comme son programme d'action . 3) Qu'il remplace tous les cadres actuels de la Curie pour lui donner un élan nouveau et la mettre au service du peuple de Dieu. 4) Qu'il respecte l'autonomie, l'indépendance des conférences épiscopales et des évêques dans leur diocèse.5) Qu'il fasse de la congrégation pour la doctrine de la Foi, un guide encourageant de la recherche théologique plutôt qu'un tribunal soupçonneux . S'il fait tout cela, ce sera déja bien parti.Une petite suggestion encore, qu'il prenne pour nom Jean XXIV et qu'il lise les livres de Jacques NEIRYNCK ,cela pourrait l'inspirer.

 

Francis FIERENS .

Mon épouse et moi avions écrit une toute petite lettre adressée au pape, que nous appellions Monseigneur.

« Monseigneur,

A l'occasion de votre pontificat, nous aimerions vous demander que l'Église latine dont vous êtes le garant soit accueillante, voir miséricordieuse pour les personnes divorcées remariées, à l'instar de ce qui se passe dans l'Église orthodoxe .

À titre de comparaison, on pourrait lire le livre d'un évêque belge , l' évêque de Namur, séparé, divorcé, divorcé, remarié « l'église vous aime ». Il n'y a ni point d'exclamation, ni point d'interrogation derrière. À titre de comparaison, on lirait aussi le livre de Monseigneur LAROCHE, évêque orthodoxe de Lyon, qui s'intitule « Seconde noce »Merci de votre attention , Monseigneur »

 

Je m'appelle Clothilde NIESSEN, je suis paroissienne ici à Ste-Suzanne.

Je n'ai pas préparé ni de lettre à une personne qui n'existe pas ni de synthèse de mon souhait mais ce que je souhaite le plus c'est que l'Église revienne à un message plus fondamental. En fait, moi, ce qui m'importe dans le monde ,dans lequel on vit, c'est qu'on retourne aux sources du christianisme et donc à ce qui nous unit, aux valeurs centrales qui sont effectivement présentes dans que ce soit ,dans le vatican II, que ce soit dans la doctrine sociale de l'Èglise il y a assez de textes dans lesquels on peut retrouver ce qui nous unit et les objectifs que l'on partage.Et c'est vrai que tout ce qui est institutionnel à titre personnel, m'intéresse moins . Et je crois que c'est être des moyens qui doivent suivre une réflexion fondamentale et donc évidemment si on parle institution et moyen, il faudra sans doute , je ne sais pas si c'est dépoussiérer, élaguer, changer ? Changer, sûrement ! Et ma première question, au départ aussi de la réunion de ce soir,chaque fois que l'on parle d'Église dans des lieux, mais des lieux tels que ceux-ci, des lieux très ouverts,je m'étonne du peu de monde, tout compte fait, qui s'intéresse à ce sujet ,excusez-moi de nos âges respectifs ,nous ne sommes pas l'avenir de l'Église ni moi ni mon voisin.

Les générations futures, ce sont nos enfants, et donc je constate qu'ils ne sont pas ici. Et ça, ça m'interpelle toujours, parce que vous avez choisi une formule moderne, le groupe de paroles, on ne parle que de ça dans tous les milieux. Moi, je fréquente énormément d'autres milieux de réflexions collectives.Et donc, je m'interroge, comment l'Église doit changer , non pas pour répondre à une contestation mais simplement pour attirer. Moi, j'ai l'impression que beaucoup de gens sont indifférents aux problèmes de l'Église plus que contre. Et donc, c'est dans cette dynamique là que je veux travailler et effectivement, j'ai envie de dire ceci doit avoir des répercussions dans d'autres lieux et dans d'autres réseaux. Il faut s'interroger peut-être sur la forme dans laquelle on réunit les gens Il est évident qu'à titre personnel, nous parlerons de cette soirée à nos enfants, autour de la table.je ne sais pas s'il y aura

des réponses. Mais je crois que l'attente des jeunes et des moins jeunes, c'est vraiment de revivre nous-mêmes un message plus vrai, plus engageant, moi, c'est la seule chose sur laquelle, je vais insister ,si on n'a pas transmis, c'est nous qui devons nous mettre en cause et pas le nouveau pape. J'ai envie de me mettre dans la dynamique de changement et de ne pas seulement envoyer un message à un tiers.

 

Paul GOURDINNE, Etterbeekqi

Je pense peut-être que il y a beaucoup de personnes qui auraient beaucoup de choses à dire mais que c'est peut-être l'information qui a été mal faite, je ne sais pas comment on a fait la publicité, comment cela a été fait? Il aurait fallu étendre beaucoup plus d'informations pour toucher un public plus grand et plus jeune. D'autre part, c'est vrai quand on ne sait pas quel sera le prochain pape.Mais il y en aura un c'est certain, Jean-Paul II n'est pas éternel. Encore qu'avec sa santé,on peut encore l'avoir jusqu'à 100 ans, on ne sait jamais avec lui. Mais je reste dans l'espèrance d'une Église ouverte, plus évangélique et très attentive à ce que l'on dit. Et quand on a dit, on a écouté les gens, ne pas faire parfois le contraire de ce que l'on a entendu et imposer sa propre volonté. Faire une Église de liberté, de fraternité, une Église très humaniste.

 

Marcel LEDUC, de la paroisse Notre-Dame à Evere

 

Je ne voudrais choquer personne mais je crois que mes propos sont un peu abruptes.

L'Église devrait revenir à une attitude plus humble . L'image qu'elle donne d'elle-même aux travers des célébrations fastueuses à Rome ou au cours des voyages du pape est mal perçue. Il semblerait que les catholiques ont fait du pape un demi-Dieu, objet d'une vénération qu'il situe à un niveau qu'il n'est pas le sien.Voir des hommes ou des femmes se prosterner devant lui a quelquechose de choquant.Le luxe déployé à chacune de ses apparitions tranche avec les images de la pauvreté dans le monde. Ne devrait-on pas corriger ce qui aurait dû disparaître depuis bien longtemps et repartir sur des bases nouvelles ? Et dans le même ordre d'idée, faut-il encore des princes dans l'Église ? A-t-on besoin des Cardinaux ? Faut-il encore appeler Monseigneur, les évêques ? Et si on appelait le pape, les évêques, les prêtres, tout simplement père.Tout ces changements donneraient un autre visage de l'Église, sans rien changer d'essentiel sinon peut-être de la réconcilier avec ceux qu'elle a si souvent déçus et découragés.

 

Ignace Bertein, dominicain

 

Jean-Paul II, depuis son pontificat a dit n'ayez pas peur et je pense qu'il est paralysé par la peur.La peur qu'on dévie.Je voudrais un pape qui mette en place une dynamique, à partir de l'ensemble des églises locales, qui donne la parole, qui progressivement permette que que le discernement se fasse sans panique, sans décider trop tôt. Je pense à un processus au niveau national, comme a été cassé le concile pastoral aux Pays-Bas qui était je pense extrémement positif avec du discernement. De façon plus modeste, avec ce qu' avait mis en route Monseigneur Malden.Je pense qu'il y a des exemples qui montrent que quand on donne la parole largement, qu'on prend le temps, qu'on ne censure pas, que les propositions viennent et la confrontation là, je dirais du bon sens des différentes communautés pourrait drôlement ouvrir des perspectives imprévues.

 

Alain Communauté de base, la communauté du Christ libérateur.Groupe de chrétiens gays

 

Ce que j'aurais envie de dire à un futur pape, c'est qu'il soit quelqu'un qui anime une Église , une Église qui s'exprime et qui ose s'exprimer Et si certains dans cette Église, par leurs fonctions ou par leurs activités, ont peut-être plus de chance d'être entendus que d'autres. Peut-être qu'ils osent plus que d'autres encore prendre la parole mais que la parole qu'ils expriment , soit une parole qui libère , que ce soit une parole d'espèrance, que quand on l'entend, personne ne se sente accusé, personne ne se sente condamné, mais que chacun puisse trouver dans cette parole qu'il entend et qui est inspirée des évangiles, puisse trouver une source de fierté, une source de dignité et une source pour être invité à l'action.

 

Lisette VANDERSTRATEN

je fais partie des groupes de démocratie dans l'Église et de communauté de base aussi.

Mon propos : je voudrais simplement interpeller notre futur pape, parce que je suis une femme, une mère de famille, une grand-mère et que je trouve que vraiment la femme n'a pas de place digne dans l'Église. On n'a l'impression que notre Église a peur de nous et je crois qu'il est temps qu'elle se rende compte que nous existons pleinement et je crois de manière efficace là où nous sommes. Et que nous désirons vivre l'évangile avec les hommes et que tout le monde soit ensemble dans cette manière de vivre.

 

Anne BRISBOIS, paroisse du Saint-curé d'Ars à Forest. Membre du groupe démocratie dans l'Église. et d'autres lieux d'Église

 

Ce que je trouve important ce serait que ce nouveau pape, mais avec d'autres et avec nous surtout, C'est donner le goût de vivre les évangiles parce que en donnant ce goût , ça évitera l'indifférence que l'on entend chez beaucoup. Et plutôt donner l'envie à des hommes et des femmes de pouvoir nous rejoindre.c'est également favoriser la coresponsabilité, non seulement laïcs et clergé mais également hommes et femmes. C'est ensemble que l'on peut construire une communauté. C'est favoriser les cellules de vie communautaire, car la foi, elle se vit de manière communautaire. On n'est pas chrétien tout seul. Accepter qu'il y ait des voies plurielles , des manières différentes de vivre des évangiles. Et par là, c'est favoriser les dialogues, certainement au sein de l'Église mais également je pense aux dialogues œcuméniques avec les autres religions , aussi bien les autres religions chrétiennes que les religions qui nous entourent dans le monde. Mais également les différentes cultures et que les cultures puissent s'exprimer, et je pense surtout là , à des rites qui existent dans d'autres pays et que l'on pourrait intégrer , respecter dans notre manière de célébrer . Qu'il n'y ait pas seulement une seule manière ou une manière avec des voies trop vite fermées.Et de pouvoir permettre à d'autres Églises locales de s'exprimer. Ca veut dire aussi la possibilité de synodes locaux et que tout ne se passe pas uniquement à Rome en effort dans notre Église européocentriste, dans l'Europe, surtout Rome. Mais donc de respecter cette diversité qui se vit et qui est vraiment très différente .Déjà, en Europe, ce qui se vit en Belgique est différent de ce qui se vit en Italie, en Espagne, En Angleterre, dans les pays de l'est, à fortiori en Afrique, Asie et autres.Enfin, pour éviter une pensée unique que ce nouveau pape,mais pas tout seul, ma parole ne s'adresse pas uniquement à lui, je crois sinon que cet homme ne pourra rien faire , si on n'a trop d'attente par rapport à une seule personne, c'est en communauté. Mais la recherche théologique,qui n'y ait pas une seule pensée unique. Que les théologiens. En disant théologiens et théologiennes , je ne pense pas seulement ceux qui ont fait des études mais je crois que tout ceux ont quelquechose à dire à propos de Dieu, puissent continuer nos recherches. Quel sens cela a-t-il de suivre ce Jésus de Nazareth, ce Jésus-Christ qui nous a révélés en Dieu Père trinitaire.Et donc favoriser vraiment cette dimension là.

 

Pierre Compère Coordination de communautés de base, paroisse de Saint-Curé d'Ars, membre du groupe démocatrie dans l'Église

 

Je verrais bien ce futur pape demander tout simplement une place au conseil œcuménique des Églises avec les autres Églises, chrétiennes, protestantes et orthodoxes. Mais une place parmi les autres, et pas un siège un peu plus haut à côté- là, on ne se mouille pas trop. Et dans le même d'ordre d'idée, je verrais assez le vatican abandonner le statut d'état, son siège aux Nations Unies, tout ce qui fait cette espèce de confusion entre une religion parmi les autres religions et une religion qui est un peu plus qu'une religion, qui est en même un état, qui est un chef d'état , des ambassades, des nonces etc...

 

Gerda Compère, paroisse du Saint-Curé d'Ars, membre du groupe de démocratie dans l'Église

 

J'ai le bonheur de pouvoir vivre l'évangile à la paroisse du Saint-curé d'Ars, où on essaye d'avoir un lieu de proximité et de convivialité.

Moi, ce que j'attendrais du nouveau pape, c'est vraiment des gestes forts, des gestes frappants symboliques, qui mettent l'accent sur le message évangélique. Entre autre, l'option préférentiel pour les pauvres, on le dit, mais est-ce qu'on le vit ?Et est-ce que l'Église encourage très fort dans ce sens-là ? Que tous se sentent à l'aise, que tous se sentent égaux, qu'il n'y ait pas de différences sociales ou de statuts.Et pour cela, il faudrait certainement que l'Église se départise d'une partie de ses pompes, du côté richesse, etc...

Et aussi, point du vue hiérarchie, que vraiment ceux qui sont à la tête, voient ça comme un service , et que le plus grand soit le serviteur de tous. Et qu'on vive cette dimension, mais réellement, dans des gestes symboliques, signifiants d'égalité, de fraternité . Nous, on essaye dans la paroisse de trouver un chemin pour vivre ça entre nous et on l'expérimente un peu. Mais si ça pouvait se vivre à l'échelle de l'Église, elle serait certainement plus attirante et elle donnerait le goût de vivre au monde d'aujourd'hui, qui manque très fort de lien social.

 

Pierre Delocht

 

Je suis prêtre depuis 63 ans, et pour moi,l'enrichissement le plus grand au cours des ces 63 années, ce sont les choses extraordinaires que l'on reçoit lorsque les chrétiens de la base peuvent s'exprimer.Il y a là, une richesse extraordinaire d'actualité du message évangélique dans l'aujourd'hui, qui me paraît toute à fait capitale, pour que la bonne nouvelle passe aujourd'hui.La foi de l'Église, c'est ce qui se vit chez les fidèles à la base.Et c'est pas avant tout, des énoncés doctrinaux , aussi savants soient-ils. Alors c'est la foi de l'Église, qui à mon avis, n'a pas sa place ou n'est pas écoutée. Il y a là, une parole des hommes et des femmes tout à fait extraordinaire mais cette parole ne s'exprimera que si elle est écoutée réellement. Et là, je dois dire que le bilan de ces très longues années, à tous les niveaux dans l'Église, est vraiment très négatif, quant à l'écoute réelle de ce qui vient des chrétiens.

 

... CAUWENBERGH, paroisse de Ste-Suzanne

 

En deux mots, je souhaiterais une Église vraiment servante et pauvre, non seulement en théorie mais en pratique.

 

Philippe DEBUGERE

Je suis venu conduire maman qui habite à 40 kilomètres d'ici, c'est pour ça que je suis venu.

Personellement, j'étais très chrétien, très pratiquant jusqu'à l'âge de 20 ans et depuis lors je suis athé.

Malgré tout l'Église continue à vivre, l'Église fait partie de notre civilisation et je viens ici comme observateur personnel de son évolution.

Je dois dire que même étant non catholique, j'ai été choqué par la base de cette réunion , qu'est d'exprimer ce que vous voudriez faire pour le futur pape. Le pape n'est pas mort, il vit toujours et je trouvais ça choquant.Je ne parlerais pas trop longtemps, je ne suis pas venu ici pour faire de la peine.

 

Madeleine DEBUGERE de la paroisse de Beauchevin

 

Je vous répondrais que si vous vouliez rester entre vous, il ne fallait pas mettre d'affiche dans le dimanche.Après avoir été un peu scandalisée par cet article et avoir répondu au père Delhez ce que je pensais de cet article. Je me suis informée, j'ai vu pas mal de monde et je suis venue aujourd'hui pour vous entendre.J'aurais eu du plaisir, je dois dire, à répondre à chacun de vous, parce que quelqu'un parlait de remonter aux sources. La source c'est Saint-Pierre, c'est à Pierre que jésus a dit « tu es Pierre et sur cette pierre, je batirais mon Église ». C'est à lui qu'il a confié les clés de l'Église et à personne d'autre. Saint-Jean était peut-être l'apôtre préféré mais c'est à Pierre qui l'a confié les clés de l'Église. En plus, nous jugeons dans une Église qui est quand même déjà déformée. Depuis vatican II, l'Église latine, que ce soit en France ou en Belgique, a pris une voix extraordinaire. Quand Madame dit que les femmes ne sont pas à l'honneur dans l'Église, nous sommes différentes , vous pouvez faire tout ce que vous voulez, nous sommes différentes.La Vierge était à côté du Christ mais elle n'a eu aucune fonction dans l'évangile, à part d'avoir mis Jésus au monde et c'est tout.Mon message pour le nouveau pape ? C'est que c'est lui qui est éclairé par l'Esprit Saint, c'est lui qui est infaillible et c'est lui qui sait, et c'est lui qui décidera.

 

Claire DELVAUX,

je ne fais pas partie d'une paroisse ni d'une communauté,j'ai quitté une communauté dont je faisais partie depuis plus de 15 ans. Je suis à titre personnel.

Mon souhait pour l'Église de demain : c'est que tous, les laïcs mais aussi les évêques, les prêtres qui désirent vivre avec et pour les pauvres puissent le faire en toute liberté.Peut-être parfois sans suivre les doctrines mais avoir le premier souci, c'est le souci des rejetés.Pauvres physiques, pauvres mentals, pauvres misères des exclus.

Mon souhait aussi serait que la femme puisse avoir un rôle dans l'Église, dans la vie de l'évangile. la femme est très différente de l'homme, et heureusement, mais heureusement que les tâches puissent être accomplies par l'homme et par la femme. Parce que justement, il y a cette différence. N'ayez pas peur disait le pape mais j'ai quand même des craintes, des craintes quand je vois l'Église autour de moi, en Belgique ou en France....... Je remarque que dans certains groupes, on risque de repasser au vatican I au lieu d'approfondir le vatican II qui est encore en marche, on n'a pas encore exploité tout le vatican II , loin de là.

 

Jean OLBRETGS

 

J'ai dit à Jacques en arrivant, que j'étais très mal à l'aise par rapport à cette réunion Et c'est vrai on a déjà soulevé la question , la façon dont c'était formulé, je ne veux pas insister là-dessus, je crois que cette réunion a le mérite d'exister et peu importe si la forme ne me convient pas dans sa formulation. Je n'ai pas envie de m'adresser à un futur pape ou à l'actuel pape mais à l'Église, peut-être. Et de dire, je pense que tous, nous sommes tous baptisés comme prêtres, prophétes et rois. Si on pouvait un jour, croire à cela. Peut-être que l'Église aurait des beaux jours devant elle. Mais c'est pas seulement le fait d'une certaine hiérarchie et peut-être que trop se mettre en face d'un clergé, on biaise tout le problème.Quand même si je voulais dire un peu un portrait de pape qui me conviendrait, celui qui est à la fin du manuscrit du saint-Sépulcre quitte le vatican pour aller vers Saint Jean de la ... ? avec un beau discours programme ne me convient pas trop mal.

 

Enrico Traversa, de la paroisse Ste-Suzanne

 

 

J'apprécie beaucoup cette intention de s'adresser à un nouveau pape et j'espère que les résultats de notre réflexion de ce soir puissent arriver au cardinal Daneels qui est un des 150 grands électeurs du futur pape. Finalement, c'est à lui et à ses confrères que reviendra cette tâche énorme de choisir « the right man, the righ place », « l'homme juste, au bon moment »J'ai 3 rêves pour le nouveau pontificat qui s'annonce, c'est dans l'ordre naturel des choses. Le 1er rêve, c'est que les temps sont mûrs pour nous ayons un pape issu du tiers monde, le fossé entre le nord et le sud du monde est arrivé à un point tel qu'il est urgent de donner une voix au tiers-monde. Nous avons eu la chance de visiter quelques Églises du tiers-monde,notamment l'Église de Madagascar, cette Église de Ste-Suzanne est jumelée avec une mission à Madagascar. Demain soir, dans cette salle, nous aurons un père belge missionnaire en Bolivie,donc ce sera l'Amérique du Sud que nous connaîtrons demain soir. Donc, il est grand temps que cette Église souffrante mais vivante ou vivante car souffrante, ait sa place dans l'Église , une place visible. Si l'Amérique Latine notamment sera en mesure de nous donner un homme, je crois que beaucoup de problèmes qui ont été évoqués tout à l'heure, vont se résoudre tout seul. Un homme qui a vécu , à côté des quartiers pauvres d'une grande ville d'Amérque Latine, ne pourra pas supporter les fastes de la cour vaticaine. Un homme qui a vécu à côté de la souffrance, ne pourra pas continuer sur certaines lignes très rigides de l'Église actuelle. Je viens à mon 2éme rêve , qui serait que l'Église du nouveau fasse un revirement radical en matière de morales familiales et sexuelles.Nous avons trois enfants et donc nous parlons en pleine connaissance de cause. Ce message de l'Église officielle en matière de morale sexuelle et familiale est, pour les jeunes d'aujourd'hui, lettre morte. L'Église officielle peut continuer encore des années, si elle veut, des décennies à prêcher dans le désert, avec l'intransigeance actuelle sur les thèmes essentiels pour les jeunes ;les mariages, les divorces, l'avortement, l'euthanasie, les rapports pré-matrimoniaux, les fiançailles et autres. Si l'Église ne fait pas un revirement fondamental sur ces 2 messages, même les messages les plus justes ( les droits de l'homme, la défense des pauvres et la défense du tiers-monde) perdent toute crédibilité. C'est ce que nous constatons tous les jours, dés que nous les catholiques, nous ouvrons la bouche sur un thème qui est de grande actualité sur laquelle l'Église est fort appréciée, comme la bataille pour les droits de l'homme, on nous ferme la bouche à cause de position indéfendable que l'Église officielle a prise en matière de morales sexuelles et familiales .3 ème rêve, et là, j'ai beaucoup de confiance dans le peuple du tiers-monde, c'est redonner à l'Église officielle,un peu de chaleur humaine. Lorsque vous allez dans des paroisses africaines ou latino-américaines,ce qui nous frappe le plus, c'est la chaleur, l'enthousiasme que l'on retrouve dans les messes dominicales, dans toutes occasions de rencontre de communautés.Quand je compare cette chaleur d'une messe latino-américaine ou africaine, avec la froideur de nos célébrations belges ou italiennes, peu importe c'est le même modèle culturel européen, je me dis que une de ces 2 Églises est sur un chemin erroné. Et je crois bien que l'Église joyeuse du tiers-monde, malgré la pauvreté et la souffrance, est sur le bon chemin. Et que nos paroisses, nos communautés, plutôt tristes, sont sur un mauvais chemin.Mon rêve : un pape brésilien,colombien, mexicain, africain, essaye de redonner même à l'Église officielle, un peu de bonheur et d'affection manifestée.

 

 

Simone Demoulin,de la paroisse Notre-Dame

 

Malgré mes 82 ans, je suis quelqu'un de très ouvert, qui est habitée terriblement par le caractère de l'enfant. Donc l'enfant s'émerveille, s'enthousiasme et fait confiance.

Je suis venue uniquement pour écouter mais j'ai quand même envie de dire.

Si le pape suivant pouvait venir d'Amérique latine ou d'Afrique, d'un de ces endroits. Je pense qu'il est difficile de ne pas croire en Dieu, qu'on appelle comme on veut. C'est difficile, je crois d'être un homme qui ne se sent pas habité par l'esprit. L'esprit qui nous habite,pour moi, est évidemment Dieu. Avec mes 82 ans, j'ai été élevée, dans tant de pêchés, tant d'interdits, tant de tout. J'ai toujours envie de dire,c'est pour ça que tous les mots de ce monsieur me plaisent : de l'amour, de la compréhension . on est tous différents. Si nous sommes tous différents,il y celui qui naît en étant un peu porté sur l'alcool, et puis il y a aussi celui qui naît dans une famille où, il va être baigné dans l'amour.

Il y a 15 ans que je fais du bénévolat à l'hôpital des enfants, toujours maintenant, aux soins intensifs Des mamans de 20 ans, j'ai une profonde admiration pour les parents,qui sont en face à des enfants qu'ils ont attendus. Face à tant d'épeuvres, il n'y a qu'une chose qui compte l'amour, l'amour. Quand j'entre dans une chambre, la première question que je pose c' est : parlez-vous français ? Parce que évidemment , en plus je connais pas l'autre langue du pays,donc la barrière tombe tout de suite. Mais j'ai un merveilleux contact avec l'autre.Je pense souvent que la providence a dû se dire, avec sa facilité d'aller vers l'autre, si je lui donnais des langues, elle aurait trop.Donc, je ne les parle pas. Quand je parle, je leur dis souvent : face à ce que vous vivez, qui est tellement lourd, les mots sont tellement faibles qu'ils n'ont pas de rapport. Je les prends dans mes bras, et je vois , il y a beaucoup d'étrangers, et je vois ces gens qui vous serrent et l'amour est passé.

 

Jeanine WAUTE de la paroisse du Christ-Roi à Laeken

 

Je suis venue pour entendre un peu ce que l'on souhaiterait parce que l'on souhaite beaucoup de choses.je crois qu'on a toujours des désirs, mais le tout, c'est de les exprimer, mais, ce n'est pas toujours facile. Comme quelqu'un a dit : l'Église n'est pas attractive, n'entraîne pas, bien qu'il y a des petits groupes fervents qui essaient de vivre l'évangile, il des chrétiens fervents biens sûr, mais on est peureux. Je suis peureuse aussi, mais l'Église est riche et j'entends facilement autour de moi, les personnes que je contacte et qui ne sont pas dans l'Église. Qui ont été baptisées, je crois, mais qui l'ont quittées.Et bien, l'Église reste très riche. Ce weekend-ci, on faisait la collecte les 7 et 8 février, pour les équipes pastorales , pour les laïcs qui s'engagent à aider les prêtres.On a dit chez moi, à l'Église, qu'on n'en sortait pas , au point de vie financier , qu'il fallait vaiment aider et apporter sa quote-part, mais qu'est-ce que l'Église ne possède pas ? Quand on voit un peu, les gens disent bien sûr, ce sont des œuvres d'art, il y a des bâtiments, des églises immenses, peut-être très belles architecturellement, mais ça ne fait pas vivre, ça ne partage pas. C'est surtout cette richesse qui choque, ce falbala, quand on a fait l'intronisation entre autre de l'évêque De Keyser, je suis allée à Ste-Gudule, ça m'a plu mais c'est beaucoup de toutes sortes autour. Je suis allée à la J.O.C et à la J.O.C, j'ai beaucoup appris, j'espère encore garder cette flamme que j'avais, mais c'est très difficile. Et je voudrais beaucoup que l'Église soit plus aimée et que des jeunes, il y a des jeunes qui sont attirés par l'Église c'est vrai,mais, moi je n'ai pas cette expérience- là avec la jeunesse. Mais on essaie de faire tout ce que l'on peut avec la chorale, que l'homélie soit compréhensible et tout. Mais après, c'est difficile de mettre en pratique, de vivre dans le milieu qui est très laïcissé, et moi, personnellement, j'ai même difficile de parler du Christ ou de la religion, c'est pas facile, et pourtant j'aime le Christ , je vis avec lui, j'espère. Mais pour communiquer ? On a des amis mais ça reste très restreint et puis il y a toutes des critiques contre l'Église, ces critiques en partie sont quand même valables et justifiées. Mais je connais pas assez tout cela. Mais moi, Je suis venue pour apprendre un peu plus.

 

 

 

André DEGAND

Je n'ai aucune autre qualité que comme vous tous d'essayer simplement d'être un peu plus humain avec les autres.

Ce que je souhaiterais qu'un nouveau pape puisse faire ? C'est de convoquer un nouveau concile, mais un concile vraiment oecunémique, un concile mondial. Vatican II a suscité beaucoup d'espoirs, il faut reconnaître que pas mal de ces espoirs ont été déçus et ont motivé quand même le départ d'énormement de jeunes et d'énormement de forces vives. Vatican III, pour moi, devrait avoir 3 accents : Peut-être le premier et le principal : prendre en compte l'injustice que nous vivons d'un monde où une minorité s'accappare de la plupart des richesses du monde. Je crois que si on ne prend pas ça en compte, tout ce que l'on aura dit autour et alentours n'aura pas de pertinence. Et dans ce fossé c'est prendre résolument le parti des exploités, des exclus, de ceux qui sont laissés pour compte. Une 2ème chose : c'est que dans ce combat-là, l'Église devrait rejoindre tous les hommes de bonnes volontés et à ce titre là, je crois qu'un certain nombre de suggestions qui ont été faites me semble pertinentes. Renoncer au statut d'état qui n'est pas du tout pertinent pour ce genre de défis,c'est adhérer au conseil oecunémique des Églises, mais comme les autres Églises, sans vouloir prétendre en savoir plus que les autres. Et adhérer ça me semble quand même élémentaire officiellement à la déclaration universelle des droits de l'homme, le vatican ne l'a jamais fait et surtout mettre en pratique cet idéal qui est de plus en plus un point de repère universel. La 3ème chose c'est vraiment se donner les moyens de faire vivre des communautés vivantes, des communautés qui vivent l'évangile à la base, et dans cet esprit-là, il y a quand un lourd contentieux, que l'Église doit pouvoir dépasser c'est le sort qui est fait à la femme. Quand on lit l'évangile et qu'on voit, quand en dépit de la culture de ce temps-là, cette révolution que Jésus avait dans son attitude vis-à-vis des femmes et dont l'évangile témoigne encore , je trouve que là, l'Église a vraiment là a encore un retard important à combler. C'est vraiment très urgent, ça représente même, la moitié de l'humanité, la moitié du ciel, comme disent les chinois. Et alors, la dernière chose, c'est un détail, mais qui malgré tout commence à peser, c'est que le nouveau pape accepte de s'imposer, pour lui-même, la limite d'âge qu'il impose aux autres évêques. Il impose à chaque évêque, de remettre sa charge, à 70 ans, et le pape, que je sache, est évêque de Rome.

 

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J'ai des amis séminaristes. C'est difficile de parler en leurs noms, parce qu'ils ne sont pas là, mais ce que je ressens chez eux, c'est une angoisse à l'idée d'être ordonnés et à la façon dont ils devront fonctionner parce qu'ils vont être moins nombreux. Ils ont peur d'être des fonctionnaires. De ne plus avoir de contacts avec les pauvres.

C'est vraiment une grande angoisse.

Je pense qu'il faudrait peut-être réféchir à ça.

 

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Ce qui me frappe toujours dans des lieux d'Églises, c'est que si l'on a la culture du passé, on sait encore comprendre ce que l'on nous dit. Mais les générations qui ont été éduquées autrement, ne savent pas entrer notamment dans nos célébrations parce que le language est complètement hermétique. Vatican II a fait un effort vertigineux dans ce domaine-là, mais je crois qu'il y a vraiment un problème de technique, d'adéquation du langage post-moderne et donc, on ne peut pas en rester à un langage consacré et figé dans le temps. Cet aspect du langage me tient très fort à cœur. J'ai relevé plusieurs qui ont dit qu'ils fallaient des lieux de recherche, j'insiste, moi, j'aimerais bien que beaucoup plus de chrétiens participent à un aggiornamento de notre anthropologie chrétienne. Dans tous nos milieux professionnels, sociaux ou autres, nous n'avons pas de réponses toutes faites aux nouvelles questions qui se posent parce que le monde change et change très vite. Et ce qui me manque, le plus, en tout cas, en ce qui me concerne, c'est avoir des lieux de paroles de chrétiens, où l'on puisse ensemble raisonner, parler et mettre au point, échanger pour construire ensemble, un mode de communication et des décisions qui engagent les générations futures.

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Je me demande si un point important ne serait tout même pas de revoir la relation prêtre laïcs.Je serait tenté de dire qu'il faut désacraliser les ministères. Sans ça, le peuple chrétien ne peut pas prendre vraiment sa place. J'ai l'impression qu'une vrai collaboration devrait supprimer ce statut qui sacralise et qui permet alors tous les abus de pouvoir, me semble-t-il. J'ai l'impression qu'il y beaucoup plus de ministres et de ministères et de services qui pourraient être remplis. Est-ce que ça doit vraiment être sacraliser et que les responsabilités n'appartiennent que justement à une petite caste dans l'Église ? Je crois que ça empêche des collaborations vrais. Moi, j'ai tout même eu l'impression que celle-là, où le prêtre prend du recul, que les laïcs prennent vraiment une place qui est à la mesure de leurs responsabilités, de leurs capacités. Je crois que c'est un des points fondamentaux dans l'avenir de l'Église.

 

 

Marianne hage, paroisse Ste-suzanne depuis 3 ans seulement

Je suis venue pour écouter mais j'ai l'impression que je dois dire quelquechose ce soir.

Il y a quelques points qui me viennent à l'esprit pour le moment : Je me demande pourquoi les jeunes ne sont pas ici ce soir ? Pourquoi ne se sont-ils pas sentis concernés ? alors c'est notre faute, s'ils ne sont pas ici, d'une manière ou d'une autre, c'est que nous n'avons pas sû les toucher.Peu importe les raisons, je ne juge pas, pour le moment, je constate. Alors d'autre part concernant le nouveau pape : il y a des choses que je lui demanderais Mais, il y a d'abord d'autres choses à dire, c'est que les chrétiens à l'heure actuelle, ne se forment pas assez. Je suis désolée, je suis beaucoup allée dans des milieux qui ne sont pas croyants, qui ne sont pas plus pratiquants. Et les chrétiens ne se forment plus ou on ne les forme plus, ou on n'a pas de lieux où on peut se former.C'est extrémement urgent pour répondre à leurs questions

Je suis régulièrement questionnée, et je n'ai pas toujours de réponses, c'est désolant. La formation des chrétiens c'est une chose. J'ai entendu dire qu'il ne fallait plus de hiérarchie, est ce que l'on sait vivre sans hiérarchie ?

Concernant le nouveau pape : je serais très heureuse qu'il soit issu du tiers-monde. Mais il ne faut pas jeter la pierre au pape actuel, dans le sens où il a fait la transition. La transition a été faite par lui, jusqu'à présent, les papes étaient de manière générale, italiens. Alors maintenant est venu ce pape de l'Est, vous ne croyez pas que c'est déjà un signe, que nous pouvons aller plus loin, j'ai l'impression

Je souhaiterais mais là, je vais certainement vous choquer, mais ça m'est égal, ce soir.

Je souhaiterais que le nouveau pape permette le mariage des prêtres, parce que nous avons en tant que femmes, beaucoup de choses à apporter à l'homme. Nous sommes complémentaires que je sache. Il y des années, des années qu'on en parle. On a été très proche à un moment donné avec le pape qui a précédé Jean-Paul II. Très, très proche, mais cela ne s'est pas fait, c'est tout. Pour les générations futures, j'espère que cela se fera.

 

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Je voudrais souligner un point que je n'ai pas repris dans ma première intervention mais qui me semble très important :c'est l'oecunémisme.

Puisque la règle du jeu c'est de s'adresser au nouveau pape, j'ai envie de lui dire 2 choses.

1) Qu'il s'abstienne de toute déclaration qui fasse obstacle au progrès de l'oecuménisme.

2) Qu'il libère la pratique oecuménique à la base, notamment à l'intercommunion ... de changer la congrégation pour la doctrine de la foi en un système d'encouragement à la recherche théologique et pas en un tribunal soupçonneux.

 

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Je pense que l'Église est établie dans tous les continents et qu'elle est vécue de manière totalement différente d'un lieu à l'autre, d'un pays à l'autre et d'autant plus d'un continent à l'autre. Moi, je vais parfois à l'Église de Saint-Antoine, où, il y a des noirs qui dansent dans l'Église, c'est merveilleux, on chante, c'est la joie de vivre dans cette Église, parce qu'il y a des noirs. Pourquoi est-ce que notre Église ne pourrait pas s'adapter à tout ce genre différent de cultures tellement riches ? En mettant, non pas un pape, mais peut-être plusieurs.

 

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C'est d'abord une constatation, peut-être que le peuple de Dieu, le peuple que nous formons tous ici, pourrait être consulté éventuellement, quand il faut remplacer un curé de paroisse. Peut-être qu'il y ait plus de concertations au niveau de la base, dans différents problèmes d'organisations de l'Église, notamment dans la nomination d'un curé.

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Nous parlons ici de ce que nous souhaitons comme messages pour un nouveau pape. Nous sommes quand même tous situés en Belgique, en Europe. Je sais, que cette expérience va être vécue dans d'autres villes wallonnes. Mais, en vous entendant, je me dis que ce serait intéressant aussi que cette expérience, puisse se faire dans d'autres cultures, d'autres continents et de pouvoir se rencontrer autour de ça. Parce que ce que nous disons, c'est aussi le fait de vie dans une Église minoritaire. En Europe, en Belgique nous sommes Église minoritaire. et cela nous amène à d'autres comportements, à d'autres attitudes, d'autres réflexions, c'est assez nouveau. Mais qu'est-ce que les jeunes attendent, les jeunes autres que chez nous ? Ce serait bien d'entendre aussi, ce qui se vit dans d'autres continents. Avoir une vision un peu plus universel de l'Église. L'Église, ce n'est pas que ce que nous pensons en Europe, et donc d'éviter un trop grand européo-centrisme, d'avoir notre point de vue qui apporte sa pierre à l'édifice, mais qui n'est pas la seule pierre, il y en a d'autres. Ce serait chouette d'entendre d'autres personnes venant d'autres horizons.

 

 

Juste trois petites remarques : La première c'est : je pense qu'effectivement il est important, qu'un futur pape, que ce soit le prochain si possible ou en tout cas, assez vite, puisse venir d'un autre continent. Un peu comme on dit, il faudrait que la coupe du monde de football, puisse être organisée par un pays d'Afrique. Je pense qu'on ne devrait tout même pas mettre sur un pied d'estal , le changement qu'apporterait un pape, qui viendrait d'Afrique d'Asie ou d'Amérique Latine, il y a des expériences d'évêques du Sud qui sont très bien et il y a des expériences d'évêques du sud qui sont très moches. Et qu'on est content qu'ils soient passés à Rome, parce qu'au moins, ils ne font plus de tort, directement dans leurs pays, notamment certains évêques colombiens. Tout ne va pas changer parce qu'il sera automatiquement bénénoien ou colombien ou mexicain. Très certainement, il y a des choses ou des manières de voir qui vont changer. Mais, je ne pense pas qu'il faut idéaliser tout. La 2ème chose : Madame disait : « On me pose souvent des questions et je ne sais pas toujours répondre » Mais, je pense que c'est bien que les gens savent qu'on ne sait pas toujours répondre, qu'on n'a pas nécessairement réponse à tout. Êêtre chrétien, c'est aussi être en recherche. C'est peut-être justement ça qui parfois fait défaut, on nous dit toujours que ça c'est la réponse. Mais de grâce, la hiérarchie,laissez nous chercher , ne nous dites pas quelle est votre réponse. Et la 3ème chose : Je pense qu'effectivement, on n'est plus attirant pour les jeunes, mais quand les jeunes nous voient, est-ce que dans notre manière d'être chrétiens, est-ce qu'ils nous trouvent attirants ? Peut-être que les idées qu'on porte sont intéressantes mais est-ce qu'on rayonne la joie de vivre. Quand on nous entend, on entend beaucoup des ronchonneries et des critiques, etc... Est-ce qu'on arrive aussi à faire passer un message, que finalement les valeurs qui nous font vivre c' est aussi des valeurs qui nous rendent joyeux. On est peut-être très bien en termes de valeurs mais on tire des tronches comme pas deux. C'est aussi peut-être aussi ça être attirants pour les jeunes.

 

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Il y a quelque chose que j'ai entendu à plusieurs reprises et qui me fait toujours tiquer. être attirants pour les jeunes. Mais, je crois qu'il faut cesser de vouloir être attirant pour qui que ce soit. Il faudrait que l'Église prenne l'habitude de se dire, que l'esprit souffle où il veut. Et qu'elle cherche peut-être à être présente là où il souffle et je crois qu'il souffle pas mal chez les jeunes aussi. Donc ça m'énerve un peu, l'Église qui doit être attirante.

 

 

Lili..., paroisse Ste- Suzanne

 

A propos des jeunes, je crois que c'est aussi un peu parce que de plus en plus, on scinde la communauté paroissale. On fait des messes pour les jeunes, de temps en temps tout à fait d'accord, mais conclusion à la messe des adultes, il n'y a plus de jeunes. Moi, je crois que la vie communautaire, c'est des jeunes, des moins jeunes et des personnes âgées.

Et je trouve ça très dommage. Dans certaines paroisses, les jeunes ne sont pas désirés à la messe dominicale, parce qu'ils dérangent un peu, ils font un peu de bruit. Et je trouve ça très triste.